Données extraites le 5 mai 2026 · Source : Ma Dada

120 demandes, seulement 23 réponses

Depuis septembre 2019, la Ville de Marseille n'a effectivement répondu qu'à 19,2 % des demandes d'accès aux documents administratifs reçues via Ma Dada. Pour les 80,8 % restants : silence, refus, recours en cours — autant de demandes citoyennes sans document obtenu.

📄 madada.fr/body/mairie_marseille

La Ville de Marseille face au Code des Relations entre le Public et l'Administration :
120 demandes citoyennes, seulement 19,2 % de réponses

Décryptage des 120 demandes d'accès aux documents administratifs adressées à la Mairie centrale de Marseille via la plateforme citoyenne Ma Dada depuis septembre 2019. Une PRADA est officiellement nommée à Marseille. Le silence administratif, lui, n'a pas baissé.

📊 120 demandes au total 🔇 45 sans réponse ✅ 23 abouties 🏛️ PRADA nommée 📅 Depuis septembre 2019

🚨 Marseille refuse toujours de publier les délibérations entières

🎯 Le fait massif, qui devrait suffire à clore tout débat sur la « ville ouverte »

La Ville de Marseille ne publie pas les délibérations votées en Conseil municipal dans leur intégralité. Sur marseille.fr, le citoyen accède uniquement au texte final adopté — sans les annexes, sans les rapports préparatoires, sans les conventions, sans les tableaux financiers qui les complètent. Or une délibération sans ses annexes, c'est une décision sans son contenu : un budget sans ligne, un marché sans montant, une convention sans bénéficiaire.

Pire : en 2021, une demande citoyenne formulée via Ma Dada réclamant explicitement « les délibérations présentées en conseil municipal dans leur intégralité et avec les annexes » a été rejetée par la Ville. Cinq ans plus tard, la situation n'a pas changé.

Pendant ce temps, la Métropole Aix-Marseille-Provence publie chaque délibération assortie de ses annexes téléchargeables sur deliberations.ampmetropole.fr (« Délibération · Annexe 1 · Annexe 2 »). Le Département des Bouches-du-Rhône propose également « la délibération et ses annexes éventuelles » sur son portail. Deux institutions territoriales du même bassin de vie démontrent qu'il s'agit d'un choix politique, pas d'une contrainte technique.

⚠️ Pourquoi c'est honteux pour une ville qui se dit « ouverte »

L'équipe municipale 2020-2026 a fondé son discours sur la rupture avec l'opacité du passé. Ses bilans de mandat, ses communiqués, ses chartes open data revendiquent une « gouvernance transparente ». Or l'acte de transparence le plus élémentaire pour une collectivité — publier les actes votés en intégralité — n'est toujours pas accompli en 2026.

Une délibération amputée de ses annexes n'est ni vérifiable, ni contestable, ni utile. Elle est opposable juridiquement, mais illisible démocratiquement. Le citoyen marseillais qui veut comprendre une décision votée par son conseil municipal doit se déplacer aux Archives municipales (10 rue Clovis Hugues), formuler une demande CADA — et risquer le silence administratif documenté dans la suite de cette page.

💡 La revendication concrète

Publier sur marseille.fr, à la suite de chaque conseil municipal, l'ensemble du dossier de séance : rapports préparatoires, délibérations adoptées et leurs annexes intégrales, en formats numériques ouverts et réutilisables. Comme le fait déjà la Métropole AMP. Comme le fait le Département 13. Comme l'exige l'esprit du CRPA.

🏛️ Ma Dada : la plateforme qui rend visible le silence administratif

madada.fr est un service en ligne associatif lancé en septembre 2019 par Open Knowledge France, association loi 1901 qui œuvre pour la transparence des données publiques. Son objet : faciliter les demandes d'accès aux documents administratifs que tout citoyen peut adresser à toute administration au titre du Livre III du CRPA et de la loi du 17 juillet 1978.

Comment ça marche

📤 Une demande, un email, une publication

Le citoyen sélectionne une administration parmi plus de 51 000 autorités publiques référencées (mairies, ministères, préfectures, CCAS, hôpitaux, CHR, EPCI, agences…). Il rédige sa demande, qui est envoyée par email à l'adresse officielle CADA de l'administration. La réponse — ou son absence — est ensuite publiée automatiquement sur le site, accessible à tous.

L'effet rendu visible

📊 Une statistique automatique par autorité

Pour chaque autorité, Ma Dada calcule en temps réel : le nombre total de demandes reçues, les demandes abouties, les demandes en retard (silence > 30 jours = refus implicite légal), les demandes pour lesquelles l'administration affirme ne pas détenir le document. Ces compteurs sont accessibles via une API JSON publique — c'est cette API qui sert de socle à la présente page.

L'outil démocratique

⚖️ La traçabilité comme levier

Chaque demande, chaque réponse, chaque silence est horodaté et publiquement consultable. Une administration qui ne répond pas le fait en public. Le citoyen dispose d'une preuve datée pour saisir la CADA ou aller au tribunal administratif. La plateforme transforme le silence — qui restait invisible jusqu'alors — en donnée publique.

Les chiffres globaux

🌐 51 000 administrations, 50 000 demandes

En mai 2026, Ma Dada référence 51 911 autorités publiques et a transmis plus de 50 987 demandes citoyennes. La plateforme est un commun numérique, son code source est libre (logiciel Alaveteli, déployé dans plus de 25 pays). Open Knowledge France maintient le service principalement grâce au bénévolat et aux dons.

« Sur les 3 000 demandes de notes de frais effectuées à ce jour sur Ma Dada, dans 75 % des cas, les administrations n'ont même pas répondu, se réfugiant dans un silence équivalent juridiquement, au bout d'un mois, à un refus implicite. Cette politique de l'autruche entrave l'évaluation des politiques publiques et empêche les citoyens de porter un jugement éclairé. » — Tribune du conseil d'administration de Ma Dada, Le Monde, décembre 2025
💡 Pourquoi cette page utilise Ma Dada comme source

Toutes les données chiffrées présentées ci-après proviennent de l'API publique de Ma Dada (madada.fr/body/{nom_de_ville}.json). Ce sont les chiffres officiels de la plateforme, librement téléchargeables et reproductibles. Les biais sont assumés : Ma Dada ne reflète que les demandes passées par la plateforme, et son public est majoritairement composé de journalistes, militants, chercheurs et associations. Les demandes formulées directement, hors plateforme, ne sont pas comptabilisées — leur taux de réponse réel reste inconnu.

📊 Seulement 19,2 % de demandes effectivement abouties

L'API publique de Ma Dada permet d'extraire, pour chaque autorité publique, un compteur de demandes ventilé par statut. Pour la Mairie de Marseille (entité « ville centrale », hors mairies de secteur, hors Métropole), le bilan au 26 mars 2026 tient en une phrase : sur 120 demandes citoyennes reçues depuis septembre 2019, seules 23 ont effectivement abouti, soit 19,2 %. Pour les 97 autres demandes, le citoyen n'a obtenu aucun document.

« Sur les 3 000 demandes de notes de frais effectuées à ce jour sur Ma Dada, dans 75 % des cas, les administrations n'ont même pas répondu, se réfugiant dans un silence équivalent juridiquement, au bout d'un mois, à un refus implicite. Cette politique de l'autruche entrave l'évaluation des politiques publiques et empêche les citoyens de porter un jugement éclairé. » — Tribune du conseil d'administration de Ma Dada, Le Monde, décembre 2025
🚨 Le seul chiffre qui compte vraiment : 19,2 %

Le statut « abouti » est le seul qui correspond à une vraie réponse de l'administration : un document a été communiqué au demandeur. Tout le reste — silence, refus, abandon, recours en cours — laisse le citoyen les mains vides. À Marseille, ce taux de vraies réponses plafonne à 19,2 %. Les 80,8 % restants, c'est le territoire de l'opacité : 37,5 % de silence pur (refus implicite par défaut de réponse au-delà du délai légal d'un mois fixé par les articles R. 311-12 et R. 311-13 du CRPA) et 43,3 % de zone grise (refus explicites, demandes retirées par épuisement, recours non aboutis, saisines CADA en cours…).

Le droit d'accès aux documents administratifs a une valeur constitutionnelle reconnue par le Conseil constitutionnel depuis 2020. À Marseille, il est respecté moins d'une fois sur cinq.

🎯 Que sont devenues les 120 demandes ?

Le fichier mairie_marseille.json publié par Ma Dada agrège quatre indicateurs principaux. Le reste — environ 43 % des demandes — correspond à des dossiers en statuts intermédiaires ou marginaux : recours en cours, refus partiels, demandes égarées, classifications spéciales.

Statut Demandes Part Lecture juridique
Demandes abouties
documents communiqués au demandeur
23 19,2 % ✅ Loi respectée
Demandes en retard
silence > 1 mois = refus implicite
45 37,5 % 🚨 Refus implicite
Information non détenue
l'administration affirme ne pas l'avoir
0 0 % — Aucune
Autres statuts
refus explicites, demandes retirées, recours en cours, saisines CADA…
52 43,3 % ⚠️ Sans document obtenu
Total des demandes 120 100 % depuis 21 sept. 2019
💡 Comment lire le statut « en retard »

L'article R. 311-13 du CRPA est sans ambiguïté : passé un mois sans réponse, le silence vaut refus implicite. Les 45 demandes en retard ont donc juridiquement été refusées par la Ville de Marseille, sans qu'aucun motif de refus ne soit opposé au demandeur, et sans qu'aucun service ne se soit manifesté. Le citoyen peut alors saisir la CADA — démarche préalable obligatoire avant tout recours contentieux.

⚠️ Et la « zone grise » des 52 autres demandes ? Du refus, à peu de choses près

Les 52 demandes (43,3 %) qui ne sont ni « abouties » ni « en retard » n'ont, dans la quasi-totalité des cas, pas non plus permis au demandeur d'obtenir le document recherché. Un parcours rapide des fiches publiques de Ma Dada le confirme : il s'agit majoritairement de refus explicites opposés par la Ville, de demandes retirées par les requérants face à l'épuisement des relances, de saisines CADA en cours qui n'ont pas encore débloqué la communication, et de recours gracieux sans réponse. À de très rares exceptions près, ces statuts laissent eux aussi le citoyen sans document.

Autrement dit : seules les 23 demandes officiellement « abouties » (19,2 %) correspondent à un succès citoyen avéré. Les 97 autres (80,8 %) sont, par construction ou par défaut, des échecs du droit d'accès — implicites ou explicites.

Visualisation des statuts

120 demandes
  • Abouties — documents communiqués23 (19,2 %)
  • En retard — refus implicite par silence45 (37,5 %)
  • Autres statuts — refus, abandons, recours en cours (sans document obtenu)52 (43,3 %)
120
demandes citoyennes adressées à la Mairie de Marseille via Ma Dada depuis 2019
23
demandes ayant abouti — documents effectivement communiqués au demandeur
45
demandes en retard — silence administratif, refus implicite caractérisé
19,2 %
taux de demandes réellement abouties — le seul cas où le citoyen reçoit un document
37,5 %
taux de refus implicite par silence — la « politique de l'autruche »
97
demandes citoyennes sans document obtenu — silence, refus, abandon ou recours en cours

🏛️ Marseille vs la moyenne nationale

Le constat dressé par l'association Ma Dada en décembre 2025 dans une tribune au journal Le Monde est sévère : 3 demandes sur 4, en moyenne nationale, restent sans réponse. À cette aune, le silence pur de Marseille (37,5 %) apparaît moindre — mais ce n'est qu'un trompe-l'œil :

Moyenne nationale (silence)
75 %
national
Marseille — sans document obtenu
80,8 %
local
Marseille — silence pur (refus implicite)
37,5 %
local
Marseille — vraies réponses
19,2 %
local
⚠️ « Mieux que la moyenne nationale » : un chiffre qui ne veut rien dire

Si on ne regarde que le silence pur (37,5 %), Marseille semble faire « mieux » que la moyenne nationale (75 %). Mais quand on additionne silence + refus + recours en cours + abandons, Marseille laisse 80,8 % des demandeurs sans aucun document obtenu. La municipalité 2020-2026, qui s'est présentée comme une équipe de transparence en rupture avec la « gestion clientélaire » du passé, n'a manifestement pas mis fin à cette opacité. Le constat est d'autant plus problématique qu'une PRADA est nommée à Marseille : la chaîne de traitement existe formellement.

📖 Que cherche-t-on à savoir sur Marseille ?

Un parcours rapide des demandes publiquement consultables sur la fiche Mairie - Marseille de Ma Dada montre que les sujets reviennent par grandes familles. Les Marseillais et Marseillaises qui passent par la plateforme citoyenne demandent essentiellement :

Famille 1

💰 Frais et dépenses du Maire

Notes de frais de déplacements, restauration, représentation du Maire et de son cabinet. Sujet récurrent depuis 2020, avec plusieurs demandes successives — certaines abouties, d'autres laissées sans réponse au-delà du délai légal.

Famille 2

🏛️ Délibérations & marchés publics

Délibérations en intégralité avec annexes, contrats publics, conventions. Sujet sensible : une demande de communication des délibérations a été rejetée par la Mairie en 2022.

Famille 3

📚 Subventions versées

Listes des subventions accordées par la Ville (associations, écoles privées, organismes). Le Collectif des écoles de Marseille et l'Association Transparence Citoyenne y ont notamment recouru — avec saisine de la CADA en 2024.

Famille 4

🏫 Politique scolaire

Forfait communal versé aux écoles privées sous contrat, accessibilité des écoles publiques et plans Ad'AP, subventions d'investissement informatique aux écoles privées. Demandes récurrentes du Collectif des écoles de Marseille depuis 2021.

Famille 5

🏗️ Patrimoine & friches

Patrimoine communal bâti et non bâti, occupé et non occupé. Liste et localisation des Friches Urbaines Naturelles (FUN). Demandes récentes (2025) avec des résultats mitigés, mais quelques aboutissements documentés.

Famille 6

📊 Données budgétaires

Documents préparatoires des conseils municipaux, ROB, rapports d'audit, attributions de compensation et flux financiers avec la Métropole. Sujet d'investigation citoyenne en pleine expansion à l'approche des municipales 2026.

⚖️ Que faire quand la Mairie ne répond pas ?

Le CRPA et la jurisprudence de la CADA ont défini un parcours précis pour le citoyen confronté à un refus implicite. Le silence n'est pas une fatalité juridique : il s'attaque.

Jour J : envoi de la demande La demande est adressée à l'administration, idéalement via Ma Dada (qui horodate, transmet et publie). Aucune justification n'est exigée — le droit d'accès est inconditionnel pour les documents communicables.
J + 30 jours : silence = refus implicite Si la Mairie ne répond pas dans le délai d'un mois, son silence vaut refus (articles R. 311-12 et R. 311-13 du CRPA). Le compteur du recours démarre.
J + 30 à J + 90 jours : saisine de la CADA Le citoyen dispose de 2 mois pour saisir la CADA — démarche obligatoire avant tout recours contentieux. La saisine est gratuite, par formulaire en ligne ou courrier, en joignant la copie de la demande initiale.
J + 120 jours : avis de la CADA La CADA instruit, sollicite l'administration, et rend un avis dans environ un mois. Non contraignant juridiquement, l'avis est néanmoins suivi dans la grande majorité des cas et débloque plus de 60 % des situations.
Si refus persistant : tribunal administratif Recours en excès de pouvoir devant le TA de Marseille, ou référé « communication de documents » en cas d'urgence (article L. 521-3 CJA).
✅ Une saisine CADA marche dans 60 % des cas

Selon les chiffres de la CADA elle-même, la saisine débloque la communication des documents dans plus de 60 % des cas. Concrètement : sur les 45 demandes Ma Dada en silence chez Marseille, près de 30 pourraient être débloquées par une simple saisine gratuite de la CADA. Le silence administratif n'est jamais qu'une décision politique du maintien du flou.

🪑 Une PRADA à Marseille, mais pour quoi faire ?

Depuis 2016, toutes les communes de plus de 10 000 habitants — donc a fortiori Marseille — ont l'obligation légale de désigner une PRADA. Le tag prada: nommée figure bien dans les métadonnées Ma Dada de la fiche Mairie - Marseille. Une personne existe donc, en théorie, pour orchestrer la chaîne du droit d'accès — mais son nom et ses coordonnées ne sont pas mis en avant sur le portail municipal.

💡 Les missions légales de la PRADA

L'article R. 330-4 du CRPA précise que la PRADA est chargée de réceptionner les demandes, de veiller à leur instruction dans les délais, et d'assurer la liaison avec la CADA. Elle peut également établir un bilan annuel des demandes — bilan dont la publication n'est pas obligatoire mais fortement recommandée par la CADA.

🚨 Le bilan annuel des demandes CADA est-il publié à Marseille ?

À ce jour, aucune publication officielle d'un bilan annuel des demandes d'accès aux documents administratifs n'a été identifiée sur le site marseille.fr. Les coordonnées de la PRADA et la procédure de saisine ne sont pas non plus mises en avant sur le portail municipal — alors que la CADA recommande explicitement leur publication sur le site internet de l'administration. Les 45 demandes en silence sur Ma Dada sont, à elles seules, un signe que le maillon « PRADA » de Marseille fonctionne mal — ou n'est pas suffisamment doté en moyens pour assurer ses missions face à 120 demandes en 6 ans (soit moins de 20 par an, charge tout à fait gérable).

⚠️ Une revendication concrète

Au-delà du débat politique, l'exigence citoyenne est technique et vérifiable : publication sur marseille.fr du nom et des coordonnées de la PRADA, publication d'un bilan annuel des demandes d'accès aux documents administratifs (nombre reçu, délai moyen, taux de réponse, motifs des refus), engagement public à répondre dans le délai légal d'un mois.

Ce que le citoyen doit retenir

✅ Ce qui est vrai

La Mairie de Marseille a bien nommé une PRADA, comme la loi l'y oblige. Sur les 120 demandes reçues via Ma Dada depuis 2019, 23 ont effectivement abouti — soit 19,2 %. Plusieurs demandes sensibles ont été honorées en 2024-2025 : notes de frais du Maire, listes de subventions, Friches Urbaines Naturelles. Ces succès existent et méritent d'être reconnus.

⚠️ Ce qui est contestable dans le récit institutionnel

L'équipe municipale 2020-2026 communique sur la transparence depuis 6 ans, mais les chiffres bruts de Ma Dada montrent que plus de 8 demandes sur 10 ne reçoivent jamais le document recherché : 37,5 % se heurtent au silence pur (refus implicite légal), 43,3 % se perdent dans les refus explicites, abandons, recours non aboutis. Le silence n'est pas une absence de décision : c'est juridiquement un refus, et politiquement un choix. La communication officielle de la Ville sur ses « efforts de transparence » occulte systématiquement ces statistiques publiques pourtant accessibles à tous.

🎭 Ce que le récit occulte

Trois éléments structurels disparaissent du discours officiel : (1) les coordonnées et le nom de la PRADA marseillaise sont invisibles sur le site marseille.fr — aucune procédure documentée pour le citoyen ; (2) aucun bilan annuel des demandes CADA n'est publié, contrairement à la recommandation de la CADA ; (3) les 45 demandes en silence ne sont jamais mentionnées dans les bilans de mandat, alors qu'elles concernent souvent les sujets les plus politiquement sensibles — finances, école privée, marchés publics, dépenses du cabinet du Maire.

🏛️ Marseille face à 9 autres grandes villes françaises

Pour situer le score marseillais, voici une extraction de l'API publique de Ma Dada appliquée à dix mairies françaises de premier rang (entités « ville centrale », hors mairies de secteur, hors métropoles). Les chiffres sont tous officiels et issus de la même source que Marseille.

Ville Total Abouties % succès En retard (silence) % silence
Strasbourg 36 13 36,1 % 7 19,4 %
Bordeaux 32 14 43,8 % 12 37,5 %
Aix-en-Provence 29 12 41,4 % 12 41,4 %
Lyon 61 18 29,5 % 15 24,6 %
Paris 111 36 32,4 % 42 37,8 %
Nantes 27 9 33,3 % 14 51,9 %
Montpellier 31 10 32,3 % 9 29,0 %
Toulouse 33 8 24,2 % 16 48,5 %
Marseille 120 23 19,2 % 45 37,5 %
Nice 32 2 6,2 % 16 50,0 %
Cumul 10 villes 512 145 28,3 % 188 36,7 %

Source : API JSON Ma Dada, extraction du 5 mai 2026. Les colonnes « % succès » et « % silence » sont calculées sur le total brut des demandes reçues. Le solde correspond à des demandes en cours, partiellement abouties, refusées explicitement, retirées par le demandeur, ou en saisine CADA.

📊 Taux de demandes abouties (succès)

Plus la barre est longue, mieux la ville répond aux demandes citoyennes.

Bordeaux
43,8 %
14/32
Aix-en-Provence
41,4 %
12/29
Strasbourg
36,1 %
13/36
Nantes
33,3 %
9/27
Paris
32,4 %
36/111
Montpellier
32,3 %
10/31
Lyon
29,5 %
18/61
Toulouse
24,2 %
8/33
Marseille
19,2 %
23/120
Nice
6,2 %
2/32
🎯 Marseille : 9e sur 10 pour les demandes abouties

Avec un taux de succès de 19,2 %, Marseille se classe avant-dernière du panel, devant la seule Nice (6,2 %) et derrière Toulouse, Lyon, Montpellier et Paris. Les sept autres villes du panel répondent à plus d'une demande sur trois en moyenne. Marseille répond à moins d'une demande sur cinq.

L'écart est particulièrement marquant avec les villes ayant volume comparable : Paris (111 demandes, 32,4 % de succès) et Lyon (61 demandes, 29,5 %) traitent une part nettement plus importante des sollicitations citoyennes — alors que Marseille a pourtant moins de demandes à instruire que Paris.

🔇 Taux de demandes en silence (refus implicite par défaut de réponse)

Plus la barre est longue, plus la ville pratique la « politique de l'autruche » dénoncée par Ma Dada. Le silence administratif au-delà de 30 jours vaut juridiquement refus implicite (articles R. 311-12 et R. 311-13 du CRPA).

Strasbourg
19,4 %
7/36
Lyon
24,6 %
15/61
Montpellier
29,0 %
9/31
Bordeaux
37,5 %
12/32
Marseille
37,5 %
45/120
Paris
37,8 %
42/111
Aix-en-Provence
41,4 %
12/29
Toulouse
48,5 %
16/33
Nice
50,0 %
16/32
Nantes
51,9 %
14/27
💡 Ce que dit ce comparatif sur Marseille

Marseille n'est pas la pire des dix villes pour le silence administratif (37,5 %, ex-aequo avec Bordeaux et juste devant Paris). En revanche, c'est la pire des dix pour traiter et clore les demandes (19,2 % de succès, hors Nice). La combinaison « peu de réponses + beaucoup de silence » place Marseille dans le tiers des villes les moins transparentes du panel — alors que sa volumétrie de demandes (120 en 6 ans) reste parfaitement gérable pour une PRADA dotée de moyens.

⚠️ Le cas Strasbourg : ce que ça donne quand on joue le jeu

Strasbourg combine le plus faible taux de silence (19,4 %) et un taux de succès de 36,1 %. Avec en plus 3 demandes classées « information non détenue » (réponse explicite et honnête plutôt que silence), Strasbourg démontre qu'une administration de taille comparable peut répondre, même négativement, plutôt que se taire. La municipalité écologiste de Jeanne Barseghian fait, sur ce critère technique précis, mieux que Marseille — et de loin.

✅ Le volume n'explique pas le silence : Paris fait mieux que Marseille

Avec 111 demandes, Paris reçoit presque autant de sollicitations citoyennes que Marseille (120). Pourtant, Paris répond positivement à 32,4 % des demandes contre 19,2 % pour Marseille — soit 13 points d'écart. Lyon (61 demandes) atteint 29,5 % de succès. L'argument du « volume » ne tient pas : à charge équivalente, deux des trois plus grandes villes du panel répondent mieux que Marseille.

📖 Tous les sigles utilisés dans cette page

Le droit d'accès aux documents administratifs est encadré par un vocabulaire technique. Voici les acronymes essentiels pour s'y retrouver et pour exercer ses droits.

CADA
Commission d'Accès aux Documents Administratifs
Autorité administrative indépendante créée par la loi du 17 juillet 1978. Saisie gratuitement par les citoyens en cas de refus, elle rend un avis sur la communicabilité du document. Cet avis n'est pas contraignant mais est généralement suivi.
CRPA
Code des Relations entre le Public et l'Administration
Code en vigueur depuis 2016 qui regroupe l'ensemble des règles applicables aux relations entre usagers et administration. Le Livre III (articles L300-1 et suivants) est consacré au droit d'accès aux documents administratifs.
PRADA
Personne Responsable de l'Accès aux Documents Administratifs
Référent désigné dans toute administration et collectivité de plus de 10 000 habitants (article L.330-1 CRPA). Réceptionne les demandes, veille à leur instruction, fait l'interface avec la CADA. Marseille en a nommé une.
FOI
Freedom Of Information
Acronyme international pour le droit d'accès aux informations publiques. Utilisé dans les emails techniques de Ma Dada, qui s'inspire du modèle britannique « WhatDoTheyKnow » et du logiciel libre Alaveteli.
FUN
Friches Urbaines Naturelles
Catégorie d'espaces non bâtis et non aménagés du patrimoine communal marseillais. Sujet d'une demande Ma Dada aboutie en juin 2025.
TA
Tribunal Administratif
Juridiction administrative compétente en première instance pour annuler un refus de communication. Saisine dans les 2 mois après la confirmation du refus par la CADA. Possibilité de référé d'urgence (article L.521-3 CJA).
CJA
Code de Justice Administrative
Code régissant la procédure devant les juridictions administratives (TA, CAA, Conseil d'État). L'article L.521-3 ouvre le référé « communication de documents ».
ROB
Rapport d'Orientation Budgétaire
Document préparatoire au vote du budget primitif. Présenté en séance du conseil municipal lors du DOB. Document de référence pour comprendre la stratégie financière de la Ville.